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Et si on cultivait du bambou géant en France ?

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Coup de projecteur sur une réunion technique innovante organisée par la Chambre d’Agriculture de la Marne en ce début d’année… C’est une cinquantaine de participants qui sont venus découvrir le bambou géant. Comment il pousse ? Quelle conduite technique ? Quels marchés potentiels dans la Marne ?

Vous étiez nombreux à venir vous renseigner sur la culture du bambou géant présentée par l'entreprise italienne OnlyMoso.

Comment cela pousse ?

Malgré les idées reçues, le bambou pousse bien en France : on retrouve la plus grande bambouseraie d’Europe dans les Cévennes, et des bambous de plus de 20 mètres en Bretagne ! Dans un  climat plus froid et continental, la variété Moso semble également adaptée puisqu’elle peut résister à une température minimale au sol de -20°C. De plus, étant donné qu’il s’agit d’une variété traçante, les rhizomes sont faciles à contenir par la mise en place d’une tranchée autour de la parcelle (60*60cm).

Quels marchés ?

Il s’agit de la plante qui a le plus de débouchés au monde, les produits issus pouvant être destinés aux marchés alimentaire et non alimentaire :

1. Pour les pousses, le principal marché est alimentaire, répondant à la tendance croissante pour le régime végétarien avec des aliments à haute valeur nutritionnelle. Au printemps, sur une durée de 4 à 5 semaines, les pousses sortent quotidiennement (maximum : 20 pousses /m²), et sont récoltées manuellement : un rendement de 7.5 à 15 t/ha (500 g à 1.2 kg/pousse), pour un prix d’achat par OnlyMoso > 2 euros/kg. La récolte des pousses est réalisée à partir de l’année 5, et nécessite une personne à mi-temps pendant 4-5 semaines au printemps !

2. Reconnus comme un bois d’œuvre de haute qualité et une matière première écodurable, les chaumes peuvent être valorisés pour la construction, ameublement, cellulose (pour remplacer le plastique notamment), isolation, tissu, papier, énergie… Les chaumes sont récoltés en hiver, après avoir atteint 12 cm de diamètre et 1.5 m de hauteur : comptez 500 à 2500 unités/ha, avec un prix d’achat par OnlyMoso > 12 euros/unité. La récolte des chaumes est réalisée à partir de l’année 7, et nécessite une personne à mi-temps sur 4-5 semaines en hiver !

3. Un nouveau marché arrive, celui du cométique et de la pharmacie.

Quelle plus-value ?

Les aspects économiques de la culture du bambou semblent très intéressants, avec une rentabilité moyenne sur 20 ans pouvant aller de 34% à 69% par an.  En effet, un revenu net moyen pondéré sur 15 ans d’un hectare de bambou est estimé à 20 011  €/an. Cependant, le coût de l’implantation reste conséquent : 25 000 €/ha.

Au-delà du très fort potentiel économique de la culture du bambou, les forêts de bambou offrent de larges perspectives environnementales. En effet,  la forêt de bambou est reconnue pour absorber 4 à 5 fois plus de dioxyde de carbone qu’une forêt de feuillus et libère dans l’atmosphère 35% de dioxygène en plus. Son maillage végétal stabilise les sols. Enfin, ses propriétés antibactériennes et antifongiques le rendent insensibles aux attaques parasites des bactéries, éliminant ainsi tout besoin en produits chimiques et pesticides. En plus d’être considérée comme une culture bas intrants, le bambou nécessite un faible investissement en temps. En effet, une bambouseraie ne se plante qu’une seule fois et sera productive pendant plus de 80 ans. Elle ne nécessite peu d’entretien, l’essentiel du temps à y consacrer a lieu lors de l’implantation et des récoltes.